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Pourquoi mange-t-on des crêpes à la Chandeleur ?
Le 2 février, c’est le grand rush sur la farine et le lait, mais est-ce que vous savez vraiment pourquoi on fait sauter le goûter ? Derrière les choix cornéliens, sucre, confiture ou pâte à tartiner, il y a des histoires de papes malins et de paysans un peu superstitieux. On vous explique tout.
Un soleil qui se mange
On ne va pas se le cacher : en début d’année, on en a marre de la pluie et de la grisaille. Nos ancêtres les Romains étaient comme nous. Pour eux, la crêpe était le symbole de la lumière. Sa forme ? Ronde comme le soleil. Sa couleur ? Dorée comme les jours qui rallongent. En gros, manger des crêpes, c’était leur façon de dire à ciao à l’hiver. Cette tradition remonte aux Lupercales, une fête de la Rome antique, où l’on consommait des galettes de céréales grillées et salées pour favoriser la fertilité de la terre.
Le Pape qui distribuait des « snacks »
Au Vème siècle, le Pape Gélase Ier christianise les rites de la lumière. La tradition raconte que pour réconforter les pèlerins arrivés à Rome pour la procession, il faisait distribuer des ‘oublies’ (ancêtres de nos crêpes, sortes de pains azymes). Ce rôle crucial de Gélase dans l’instauration de la fête est d’ailleurs consigné dans le Liber Pontificalis.
Le test de la fortune (ou du plafond)
C’est là que ça devient drôle. Pour les anciens, la Chandeleur, c’était un peu comme jouer au loto. La règle est simple : vous tenez une pièce dans une main (un Louis d’or sous la monarchie, un euro aujourd’hui ça fait l’affaire) et vous faites sauter la crêpe de l’autre. Si elle atterrit dans la poêle, bravo, vous allez être riche cette année. Si elle finit par terre ou collée au plafond, c’est raté pour la fortune. Ce rituel est documenté par le folkloriste Arnold Van Gennep dans son Manuel de folklore français contemporain (édité dès 1937).
L’excuse du placard vide
Enfin, il y avait un côté pratique : il fallait vider les derniers sacs de farine de l’année précédente avant que le nouveau blé n’arrive. Faire des crêpes, c’était l’astuce ultime pour ne pas gâcher les restes tout en se faisant plaisir. À l’époque, certains jetaient même la première crêpe au-dessus de l’armoire pour porter bonheur (le but était qu’elle ne moisisse pas).