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Les parents au <i>manège</i> - Doolittle
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Les parents au manège

Le manège, ce n’est pas juste un tour de fun pour les enfants. C’est un véritable théâtre où ce sont finalement les parents, les acteurs principaux. Pendant que nos petits tournent en rond, nous, les adultes, nous transformons, révélant au grand jour nos facettes les plus inattendues.

 

Le manège, ce lieu de joie intense pour les enfants, révèle aussi la diversité des attitudes parentales. Parmi elles, il y a les parents qui semblent ne faire que de la figuration, les surinvestis, qui transforment le tour de manège en une mission épique, les stratèges, et ceux, plus discrets, les parents « zen », qui y voient avant tout une opportunité de souffler. Petite typologie :

  1. Le parent « téléphone » : Il est penché sur son smartphone, la tête à moitié baissée, les écouteurs aux oreilles, vérifiant juste du coin de l’œil que son enfant est toujours sur son cheval. L’achat de tickets en lot est sa stratégie préférée pour prolonger la tranquillité.
  2. Le parent « sociable » : Il en profite pour discuter avec un autre parent. A fond dans leur conversation, le manège n’est qu’un bruit de fond (manque plus qu’un demi pour que l’ambiance soit parfaite).
  3. Le parent « coach sportif » : C’est le cheerleader du manège ! Il encourage son enfant à chaque tour, crie des « Allez, attrape le pompon ! » et explose de joie quand l’enfant réussit. Un moment de triomphe partagé digne d’une finale de Coupe du Monde (au bas mot).
  4. Le parent « reporter photo » : Il dégaine son smartphone en mode appareil dès les premières secondes. Chaque tour est une opportunité de photo, avec des « coucou ! » et des grands signes de la main pour s’assurer que l’enfant sourit. Le but ? L’envoyer sur le groupe whatsapp familial, assurément.
  5. Le parent « superviseur » : C’est celui qui suit son enfant de près, le long de la barrière, l’air vigilant. Il s’assure que le harnais est bien mis, que l’enfant ne bouge pas trop et qu’il ne risque pas de tomber. Si l’enfant pleure, c’est le drame.
  6. Le parent « chasseur de manège » : Les yeux fixés sur le manège, il attend la fin du tour comme un prédateur. Il a repéré LE manège qui fera plaisir à son enfant – la moto de la Reine des Neiges, la voiture de Pat’ Patrouille ou l’hélicoptère de Spider-Man. Au moment où le tour s’arrête, il se précipite sur le manège convoité, prêt à affronter n’importe quel autre parent pour s’assurer la place.
  7. Le parent « observateur » : Il ne prend ni photo, n’encourage pas, ne râle pas. Il est juste là, les bras croisés, à contempler le spectacle, un léger sourire aux lèvres. Il sait que ce moment ne dure qu’un instant et il en profite en silence
  8. Le parent « motivateur » : Il a repéré un manège particulièrement cool, et il ne lâchera pas l’affaire tant que son enfant n’y sera pas. « Viens voler là ! Tu ne vas quand même pas rester cloué au sol dans cette voiture ? » lance-t-il, un brin agacé par le manque d’enthousiasme de sa progéniture à la vue du vaisseau spatial. Pour lui, il s’agit de s’assurer que l’enfant profite de la meilleure expérience possible.
  9. Le parent « pragmatique » : Pour lui, c’est une simple activité à faire. Il achète le ticket, installe l’enfant et l’attend à la sortie, l’air blasé. Il ne s’investit pas émotionnellement, le manège n’est qu’une case à cocher dans la journée.
  10. Le parent « responsable des tickets » : Pour lui, le manège n’est pas un moment de détente, mais une opération logistique de haute précision. Il gère les tickets comme un comptable, les distribue d’une main de maître aux enfants après chaque installation. Le moindre grain de sable dans l’équation, comme un pompon gagné par un seul enfant, peut créer une catastrophe. Le parent se retrouve alors démuni face à la justice implacable des enfants qui n’auront pas de tour supplémentaire. Il devra alors improviser : soit acheter des tickets supplémentaires, soit faire promettre au petit gagnant d’utiliser son prochain tour de manège une prochaine fois (en espérant secrètement qu’il oublie ou carrément la désinstallation du dit manège).

Enfin, on ne peut pas parler du manège sans évoquer sa bande-son si particulière. Un mélange de tubes pour enfants et de vieux succès de boîtes de nuits, le tout diffusé par un haut-parleur qui grésille. On en voit certains se déhancher discrètement, se laisser aller à un petit pas de danse, voire même, dans de rares cas, s’échanger un bisou, comme si la magie du manège les avait transportés vingt ans en arrière. Et vous, quel parent êtes-vous au manège ?