L’amour, toujours l’amour

Portraits

Saint Valentin J-2 : vous avez déjà des petits cœurs plein les yeux. En cette fête des amoureux, on souhaitait partager avec vous un joli projet qui célèbre l’amour sous toutes ses formes. Le projet et site internet L’Imagier des Amours est un recueil de portraits et d’histoires qui évoquent tous les cœurs qui battent : pour l’amour des enfants, de la famille, entre amis… 

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Caroline Toussaint, qui se décrit comme une « poseuse d’histoires », et le photographe Vincent Muller ont rencontré pendant un an des couples, des célibataires, des amoureux. Ensemble ils ont recueilli plus d’une quarantaine d’histoires d’amour. Chaque portrait mis en ligne sur le site est composé d’un texte et d’une photo en noir et blanc. L’Imagier des Amours n’a que faire du sexe, de l'orientation sexuelle, de l'âge, de la classe sociale, etc... au fil des portraits on comprend que chaque histoire est aussi unique que les individus qui la composent et que chacun appréhende le sentiment d'amour à sa façon.

Voici ici les portraits de Noam, Louison et Abla et Jérémie.

 Noam, 10 ans

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Noam tient à dire deux choses : la première, c'est qu'il n'a pas d'amoureuse. La deuxième, c'est qu'il a rencontré plein de filles à l'école, mais la plupart d'entre elles le trouvent trop speed et n'aiment pas son comportement.

Si Noam n’a pas d’amoureuse, ce n’est pas faute d’avoir cherché. Il raconte qu'il a un truc : il s'agit d'identifier toutes les filles. Il les regarde, les met dans un coin de sa tête, et il les trie une par une. A la fin, il n’en reste qu’une, qui devient l'amoureuse. Celle-ci doit avoir le meilleur comportement, peu importe si elle a un gros nez ou des oreilles décollées. Noam trouve que le comportement est plus important que la beauté ; il précise bien qu'il ne veut pas trouver une femme à disputes. 



Noam a dix ans, il pense déjà à se marier plus tard et à devenir paléontologue. Il adorerait découvrir des squelettes de dinosaures, retrouver des objets que des personnes auraient perdus. Il espère que cela le rendra célèbre et qu'il connaîtra tous les noms de tous les minéraux. On lui demande si sa femme devra exercer le même métier que lui, il rétorque que ce serait plus chouette si elle pouvait être architecte : il aimerait bien que sa femme sache construire des maisons. Cela serait fort utile ; elle pourrait bâtir une belle maison sur un terrain qu'il aurait lui-même analysé. Ce ne serait pas à la mer car il y a des tsunamis, ni à la montagne car il y a des séismes, et encore moins dans un pays en guerre. Or, Noam est optimiste : il pense que quand il sera grand, toutes les guerres seront éradiquées et qu'il pourra aller vivre sur n'importe quelle terre de dinosaure.



La guerre, à l'école, c'est Paulus qui la provoque. Paulus est un beau gosse, il est habillé à la mode et son papa lui télécharge plein de films, alors forcément, toutes les filles sont sous le charme. Mais ce qu'elles ne savent pas, c'est qu'aux toilettes des garçons, Paulus se bagarre. Vu que les filles, elles n'ont pas le droit d'entrer dans les toilettes des garçons, elles ne peuvent pas se rendre compte de cela... et pour elles, Paulus est un héros. 
Du coup, Noam aime bien piéger Paulus de temps en temps. Hier par exemple, il lui a lancé une boule de neige dans la figure et Paulus est tombé. Les filles qui le suivaient ont un peu rigolé... mais elles ont vite été s'occuper de lui. Noam ajoute d'un air blasé que c'est simplement parce que Paulus les éblouit et les émeut.
 Noam pense néanmoins qu'un jour, quand il saura jouer de la batterie, il aura plein de fans et il sera encore plus célèbre que Paulus. En plus, dans quelques années, Paulus ne sera plus à la mode.



Pour le moment, Noam rêve à la prochaine Saint-Valentin et il espère trouver une copine qui n'a pas encore d'amoureux. Il pourra lui offrir des cartes Pokémon et des Pokéball. Les filles n'aiment pas trop les Pokémon en général, mais c'est tout ce qu'il a. D'ailleurs, hier, il a donné des cartes Pokémon à Anna, une copine qui lui avait demandé s'il pouvait lui en offrir. Noam dit qu'il lui a donné un gros paquet de cartes et il reconnaît qu'il n'a jamais été aussi gentil de toute sa vie. 

Noam garde Anna dans un coin de sa tête. Le seul problème, c'est qu'elle ne souhaite pas devenir architecte. Il réfléchit un moment et conclut que ce ne serait pas mal si elle devenait une dame de la météo : en tant que paléontologue, il aura toujours besoin de quelqu'un pour le prévenir en cas de tsunamis ou de séisme.

 Louison, 3 ans

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Ce soir, Louison prépare des pizzas. Elle est grande, sur sa chaise de bar, et elle manie le rouleau comme un chef. Elle a l’habitude car parfois, elle est cuisinière et nous invite dans son restaurant pour manger des huîtres aux framboises. D’autres fois, Louison change de métier et devient maîtresse. Elle s’appelle alors « Maîtresse Danièle », elle a toujours raison et elle donne des leçons à ses deux enfants : Bébé Lise et Bébé Laure. Bébé Lise et Bébé Laure sont assez grands pour ne plus porter de couches : ça tombe bien, parce que Louison n’est pas sûre que son mari accepterait de les changer.

Le mari de Louison s’appelle Thibaut, il a 4 ans et il est un tout petit peu plus grand qu’elle. Louison nous annonce qu’ils se marieront samedi, elle invitera quelques collègues, mais pas ses parents. Elle dit aussi qu’elle préparera le repas de fête dès demain : au menu, des champignons (Louison n’aime pas ça, mais c’est juste pour les invités). Louison a déjà trouvé la tenue de son mariage : une robe de princesse, rouge à pois noirs (ça ressemble davantage à un habit de flamenco, mais pour Louison, c’est royal et ça lui plaît). Elle se maquillera avec de la crème solaire et elle portera deux nattes. Elle sera superbe, Thibaut aussi puisqu’il ressemblera à un prince. Une fois mariés, Thibaut et Louison achèteront un appartement à Marseille, où il y aura assez de lits pour tous leurs enfants. Enfin, dans leur jardin, Louison fera pousser de grandes fleurs brunes. Louison veut épouser Thibaut car il est gentil, joli (elle le décrit comme un beau brun aux yeux rouges) et parce qu’elle adore jouer avec lui. Ils construisent des maisons en Lego, ils font la cuisine ensemble. Louison raconte aussi qu’un soir, ils jouaient à l’étage pendant que les autres (leurs parents) mangeaient en bas. D’un commun accord, Louison et Thibaut ont décidé de se laver : ils ont fait couler de l’eau tiède dans la baignoire, ils ont mis du savon par terre, Thibaut s’est déshabillé et Louison a plongé dans le bain encore en collants (ils ont fini tout mouillés). Quand les grands sont venus, tout le monde a ri, et personne ne s’est fait gronder… mais Louison a compris que c’était un peu une bêtise. Elle ajoute même, d’un air malicieux : « On n'a plus fait ça une autre fois, hein, jamais ! ».Vraiment, c’est avec Thibaut que Louison préfère jouer.

Ce soir, Louison prépare deux pizzas et demi : la première est pour elle, la deuxième pour Colin (le petit frère de Thibaut). Pour Colin, Louison a pensé à tout puisqu’elle a coupé la « peau à pizza » : Colin est encore petit, il ne faut pas qu’il mange trop sinon il vomit. Il reste donc à Louison un peu de la « peau à pizza », qu’elle modèle longuement, pour dévoiler un cœur. On lui dit que les cœurs, c'est ce que s’offrent les amoureux. Alors, très concentrée sur sa recette, Louison décide que cette dernière petite pizza sera pour son mari, Thibaut.

Abla & Jérémie

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Les premières fois où Jérémie a discuté avec Abla, il pensait qu’elle s’appelait Adia. Il confondait le l et le i, le b et le d : il ne savait pas pourquoi, peut-être parce qu'il n'avait jamais entendu ce prénom-là auparavant. Quand ils ont commencé à sortir ensemble, ils ont appliqué l’adage « pour vivre heureux vivons cachés » car un français-catho avec une beurette, ça ne passait pas toujours très bien.

Abla a été élevée dans la culture musulmane, Jérémie dans la culture chrétienne. Ils ont appris à respecter la religion de l’autre. Ils veulent que chacun puisse laisser de la place à ses racines, que chacun ait des repères rassurants. C’est aussi ça, une famille : avoir des repères rassurants.



Au début pourtant, Abla n’avait pas dit à sa mère qu’elle sortait avec un non-musulman. Un soir, alors qu’elle croyait sa mère au bled, elle a invité Jérémie à manger à la maison. C’est ce soir-là que la maman a décidé de rentrer plus tôt que prévu. Quand elle a poussé la porte, elle a posé ses valises au sol et elle a vu sa fille au bras d’un grand gaillard. Jérémie, impressionné, regardait avec attention les pieds de la maman : ils étaient peints au henné. Elle a salué Jérémie et a boudé ensuite. Elle en a voulu à Abla pendant quelques temps ; elle était fâchée que sa fille ne lui ait rien dit.



Abla et Jérémie tentent de respecter certaines traditions religieuses mais ils ont appris à lâcher du lest : ils disent qu'ils font "le tri", qu'ils choisissent ce qu'ils veulent appliquer. Par exemple, ils ne cuisinent jamais de porc, or il y a parfois des bières qui traînent sur les étagères. La maman de Abla, qui, elle, applique les coutumes à la lettre, est contre la consommation d'alcool. Quand elle a remarqué les fameuses bouteilles de bière, elle a fusillé Jérémie du regard. Jérémie sait désormais que c’est parce que Madame la maman veut asseoir son autorité. Au fond, il est persuadé qu’elle lui fait confiance.



Pour Abla et Jérémie, ce qui importe vraiment ce n’est pas tant le nom de la religion : ils croient que ce qui compte surtout, ce sont les valeurs familiales et le partage. Quand Abla et Jérémie ont eu des enfants, il leur a semblé important de leur donner une éducation qui réunirait la culture chrétienne et musulmane. Zacharie et Ismaël ont des prénoms que l’on retrouve dans le Coran et dans la Bible. Comme ça, ils savent d’où ils viennent et ils ont des repères rassurants.

A part ça, un des deux fils d'Abla et de Jérémie rêve de manger un Mac Bacon.

Tous les autres portraits sont en ligne sur le site de L’Imagier des Amours

 

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