L’Île aux chiens, puissant et engagé

Cinéma

Avec L’Ile aux chiens, son deuxième film en stop motion sorti aujourd’hui en salles, le talentueux réalisateur Wes Anderson nous a littéralement conquis ! Une sortie cinéma à ne rater sous aucun prétexte (même si vous faites partie de la team pro-chat, on vous l'assure).

L'histoire ancrée à une époque et dans une ville imaginaires relate les épopées d'Atari, 12 ans, prêt à tout pour trouver son fidèle compagnon Spots. En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki a en effet ordonné la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, abandonnés sur "l'Île poubelle" où ils vivent en meute dans un environnement impitoyable. Accompagné par une bande de cinq chiens loyaux et intrépides, le jeune héros entre en résistance et découvre peu à peu l'existence d'une conspiration qui menace Megasaki... 

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Structuré à la manière d’un manga japonais, le film aux airs d’anticipation se déroule en plusieurs chapitres empreints d’humour, d’action mais aussi de réflexions qui résonnent avec l’actualité politique. De l'hostilité à l'égard des exilés à l'autoritarisme et aux fake news en passant par les questions environnementales, Wes Anderson aborde avec brio les grands sujets qui tourmentent nos sociétés contemporaines. Ces questions de fond sont portées par l'esthétique prodigieuse à laquelle le réalisateur nous a habitués, décrite par la graphiste du film Erica Dorn comme « une sorte de réalité alternative » qui nous en met plein la vue. 

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Doublés par un casting qui défie toute concurrence (Edward Norton, Bill Murray, Frances McDormand, Scarlett Johansson et Yoko Ono pour ne citer que les voix américaines), les animaux remettent ici les humains à leur place ! Ce sont d'ailleurs les seuls dont on comprend le langage sans traduction, comme pour mieux nous glisser dans le pelage de cette communauté canine stigmatisée et persécutée. 

Seule ombre au tableau qui nous a titillé : on peut déplorer qu'à l'exception de l'apprentie journaliste américaine et de la scientifique japonaise, les personnages féminins sont peu nombreux et relégués au second plan. Un aspect assumé par Wes Anderson, qui explique avoir voulu "mettre en scène une meute de mâles dominants qui soient tous leaders du groupe".

L'Ile aux chiens de Wes Anderson, en salles mercredi 11 avril. 

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