Eloge de la débrouillardise

Education

Nous aimons aider nos enfants. C’est tellement instinctif que l’on ne s’en rend même plus compte. On ne les laisse pas lutter plus de 5 secondes pour monter sur une chaise. On ouvre systématiquement leur paquet de gâteaux au goûter. S’ils s’emmêlent en enfilant un pull, nous nous empressons de venir à leur secours avant même qu’ils ne nous aient appelés...

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Puis, quand vient l’âge de l’école, nous les aidons à faire leurs devoirs en leur soufflant les réponses. À 16 ans, ils auront l’âge de travailler, alors en tant que bon parent, nous leur trouverons un petit job d’été. Puis plus tard, si nous avons la chance d’en avoir les moyens, nous leur offrirons un appartement pour les aider à démarrer dans la vie, et leur éviter les galères que nous avons pu connaître. Et qui sait, s’ils se sentent l’âme d’entreprendre, nous pourrons leur donner un gros coup de pouce en finançant tout l’investissement de départ de leur start-up.

Quel que soit l’âge, si nous avons les moyens physiques et financiers de les aider, pourquoi s’en priver ?
Aider nos enfants à atteindre leur but, tel est notre objectif. Mais interrogeons-nous sur ce qui les rendra le plus heureux : atteindre ce but, ou être parvenu à franchir tous les obstacles pour enfin y arriver ? Est-ce d’être assis sur cette chaise qui va rendre cet enfant heureux, ou la satisfaction d’y être parvenu après plusieurs tentatives pour s’y asseoir « tout seul, maman ! ».

Pour mieux comprendre pourquoi il est important de laisser à notre enfant l’opportunité de franchir lui-même les obstacles, prenons l’exemple du travail.
Partons du principe que vous avez choisi le métier que vous aimez, et dans lequel vous souhaitez évoluer. Imaginez votre manager, qui pour vous « aider », vous voyant galérer, prend les choses en main et réalise votre mission à votre place. Qu’en diriez-vous ? « Il me prend tellement pour un incapable, qu’il fait les choses à ma place, je ne risque pas de m’améliorer, ni d’évoluer ». Votre job est alors limité à ce qui demande peu d’effort. Et même si cela vous arrange dans un premier temps, l’ennui risque de gagner du terrain, votre estime de soi dans le travail de tomber au plus bas… et c’est la dépression assurée ! Ne préférez-vous pas un manager qui croit en vous, qui vous convainc que vous êtes capable d’accomplir cette mission, et vous donne le petit conseil nécessaire pour vous permettre d’y arriver ? Celui grâce à qui vous allez finalement réussir à faire ce que vous n’auriez jamais pensé pouvoir faire.

Et bien pour les enfants, c’est à peu près la même chose. Plus on fait les choses à leur place, moins ils auront l’occasion de s’améliorer, de croire en eux, de se surpasser.
« Maman tu peux me mettre me chaussures ? Je n’arrive pas à mettre les boucles ». Mais a-t-il vraiment essayé ? S’est-il appliqué ? « Je suis sûre que tu vas y arriver. Regarde, c’est bien ce que tu fais. Hop ! Je te décoince la boucle, voilà continue… Bravo ! Tu vois, tu sais très bien faire ! ». « Maîtresse ! Z’ai mis mes chaussures toute seule auzourd’hui ! ». «Je n’y arrive pas maman ! ». « Regarde-moi. Je suis sûre que tu vas y arriver. Essaye. » « Mais je n’y arrive pas ». « Mais si, je te tiens ton doudou pour t’aider, vas-y, je suis là je te rattraperai si tu tombes … Voilà ! Tu vois, tu y arrives très bien !»*

Aider son enfant, ce n’est pas faire à sa place, mais avoir confiance en ses capacités, et lui donner l’envie de se surpasser. (*). Ne pas hésiter, bien sûr, à lui donner le petit coup de pouce qui lui permettra d’y arriver par ses propres moyens. C’est cela qui améliorera l’estime qu’il a de lui-même, lui donnera goût à la vie, et participera à son bonheur. Car l’une des choses qui nous rend heureux, c’est d’utiliser le meilleur de nous-même pour parvenir à atteindre nos buts.

Coolparents

Alors laissons-les donc un peu  à monter sur ce tabouret trop haut, à beurrer maladroitement leurs tartines, à ouvrir leur pot de yaourt/paquet de gâteau, à faire  les boucles de leurs chaussures, à attacher leurs ceintures, etc. Résistons à cette tentation de faire à leur place et attendons au moins qu’ils nous réclament de l’aide.

C’est en leur donnant la possibilité de faire, et en les encourageant (s’ils en ont besoin), qu’ils donneront le meilleur d’eux-mêmes. Ils auront alors la fierté de dire
« Regarde maman, j’ai réussi tout seul à faire mon sac pour l'école, à préparer mon petit déjeuner... ». Et plus tard, ils pourront être fiers d’avoir décroché le job qu’ils voulaient, d’avoir réussi à louer ou acheter leur premier appartement sans l’aide des parents, bref d’avoir atteint leurs objectifs  par eux-mêmes.

Article by Charlotte Ducharme du blog Cool Parents Make Happy Kids
Crédits photos : Pinterest et Charlotte Ducharme

*On ne parle pas ici du cas où l’enfant sait faire, mais veut juste qu’on l’aide par flemme ou envie que l’on s’occupe de lui. Cette situation n’est pas traitée dans l’article.

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