Besoin d’amour

Polémique

L’adoption d’une loi fait actuellement débat en Grande-Bretagne. Baptisée « loi Cendrillon » – référence au célèbre conte – elle condamne les violences psychologiques commises envers les enfants : humiliations, négligences, harcèlement moral, insultes… Les parents reconnus coupables de ces formes de maltraitance seront passibles de dix ans de prison. Pour les associations de protection de l’enfance, c’est une vraie victoire : la loi Cendrillon complète enfin « The Children and Young Persons Act », une loi qui n’avait pas été modifiée depuis 1933.

D’après Action for Children, un enfant sur dix est victime de ce type de maltraitance – c’est pourquoi, depuis plusieurs années, l’organisme mène des campagnes afin de sensibiliser le gouvernement et la population britanniques à ce problème. L’année dernière, alors que la loi n’était encore qu’à l’état de projet, le porte-parole de l’association racontait au Daily Telegraph : « J’ai rencontré des enfants qui étaient les boucs-émissaires de leurs familles, constamment humiliés et à qui on ne montrait aucun signe d’affection. Le résultat est dévastateur et peut mener à des problèmes psychologiques qui resteront toute leur vie, et dans certains cas, au suicide. »

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Plusieurs aspects de cette loi posent problème, d’où la controverse : comment définir ce genre de maltraitance ? Comment différencier un comportement cruel d’une moquerie, d’une punition ou d’un mot méchant qui peut s’échapper lorsque l'on perd son sang-froid ? Le même flou entourait déjà le débat autour des punitions corporelles.

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D’après l’ONU, la maltraitance constitue « toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalité physique et mentale, d’abandon et de négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris la violence sexuelle, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité ».
Pour certains, c’est une erreur d’emprisonner les parents coupables de ces actes. Interrogée par France 2, Natasha Phillips, chercheuse spécialisée en droit des familles, donne son avis sur la loi Cendrillon : « C'est un pas important pour faire reconnaître la notion d'abus émotionnel. Mais pour ce qui est de criminaliser ce comportement, je pense que c'est un pas en arrière, car ces parents là ont plutôt besoin d'aide, de conseils et de thérapies ».

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Pourtant, des programmes de formation des parents (dont certains sont soutenus par l’OMS) existent déjà afin de prévenir les cas de maltraitance : une entreprise délicate, lorsqu’on admet qu’il n’y a pas de parents « parfaits » et que la parentalité ne s’enseigne pas. L’éducation des enfants varie selon l’environnement familial, chacun ajuste son autorité comme il veut. Et comme il peut. Mais s’il n’y a pas de recette toute faite pour être un bon parent, un élément reste quand même indispensable à une enfance heureuse : l’amour de ses proches.

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 Source : France TV Info
Crédits images :
1 :  Campagne de la Juvenile Protective Association de Chicago (2009). 

2 : Campagne Paper Child menée par le Comité du Développement Communautaire de Dubai (2014) : « C’est le manque d’amour qui les déchirent ».
: Campagne de l’association Enfance et Partage (2008). 
4 : Affiche d’Action for Children, après l’adoption de la loi Cendrillon.

 

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